Malgré une légère amélioration des soins prodigués aux femmes enceintes, d'une manière générale (proportion d'accouchements assistés passant de 40 à 61% entre 1990 et 2007, la proportion de femmes enceintes ayant reçu des soins prénatals de 87%), le ratio de mortalité maternelle est resté toujours très élevé entre 1990 et 2007. Il est estimé à 686 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes en 2007, contre 747 en 2000.
Les principales causes de ces décès maternels sont connues et évitables, malheureusement, plusieurs obstacles se dressent devant inhibant tout effort d'amélioration de la performance du système de santé en général et la santé de la reproduction en particulier.Parmi ces obstacles, il faut citer : (i) l'analphabétisme et la pauvreté, (ii) les grossesses précoces, rapprochées et répétées ; (iii) les insuffisances du plateau technique à tous les niveaux ; (iv) le faible accès aux soins obstétricaux d'urgences, en cas de complications de la grossesse ou de l'accouchement ou des suites de couche.
Quant aux autres indicateurs de l'OMD 5, relatant l'accès universel à la santé de la reproduction, les chiffres ne sont pas élogieux ; le taux de prévalence contraceptive a très peu évolué (de 5% en 2000 à 9% en 2007, chez les femmes en union). Les besoins non satisfaits en planification familiale sont encore élevés à 25% en 2007 ; les adolescentes mères (15 – 19 ans) représentaient 10% en 2007. Les principales contraintes à l'accès à la contraception sont liées, notamment à (i) des attitudes négatives et défavorables tenue par certains milieux tant religieux que professionnels; (ii) l'indisponibilité des produits contraceptifs dans les structures de santé ; (iii) la faiblesse des capacités techniques des prestataires ; et (iv) l'absence d'actions de sensibilisation et d'information.
Orientations stratégiques et pistes d'actions
En vue de renforcer les actions du PNSR, le Ministère de la Santé a élaboré, avec l'appui de ses partenaires, deux documents stratégiques, à savoir la Feuille de route pour l'accélération de la réduction de la mortalité maternelle et néonatale (2008) et la Stratégie nationale de Sécurisation des Produits de la SR (SNSPSR) en 2009.
Au cours des prochaines années, l'accent sera mis sur la consolidation des acquis et l'extension géographique des interventions. Il s'agira à cet effet, notamment de : (i) assurer une meilleure couverture fonctionnelle des formations sanitaires sur le plan géographique, avec l'inclusion d'un paquet de référence obstétrical et néonatal ; (ii) assurer une meilleure disponibilité des médicaments et autres produits de la santé de la reproduction ; (iii) assurer une grande disponibilité de soignants qualifiés pour faire face aux principaux problèmes d'origine obstétricale; (iv) améliorer la prophylaxie et la prise en charge des pathologies associées à l'état obstétrical des femmes ; (v) intensifier les activités de sensibilisation par des actions d'IEC relatives aux attitudes et comportements liés aux rapports sociaux de genre.
Besoins de financements
La mise en œuvre de la Stratégie accélérée de réduction de la mortalité maternelle et néonatale et de la sécurisation des produits de la SR (en vigueur depuis 2008) requiert un financement global de 7,29 millions $US sur la période 2010-2015 (voir tableau ci-dessous).